La place de la femme dans le monde du travail en 2017

A partir du milieu du 19ème siècle, les femmes deviennent de plus en plus présentes dans le monde du travail. Main d’œuvre moins chère que les hommes, elles représentaient une source de bénéfice pour les industriels.

Les femmes ont su exploiter cette situation discriminatoire à leur avantage. Elles prouvent au monde entier qu’elles sont les égales des hommes dans tous les domaines.

La place de la femme dans le monde du travail en Afrique subsaharienne

Le tableau ci-dessous reprend la participation des femmes dans tous les secteurs d’activité, agriculture comprise. Les chiffres sont biaisés par la forte participation féminine dans l’activité agricole, première ressource économique en Afrique.

Taux de participation des femmes à la population active en Afrique

Pays19902017
Afrique du Sud
42%48%
Cameroun
71%71%
Côte d’Ivoire
49%48%
Gabon
37%43%
Ghana
72%75%
Kenya
70%62%
Libéria
53%54%
Mozambique
87%83%
Nigéria
48%50%
Ouganda
62%67%
Rwanda
87%86%
Sénégal
33%46%
Zimbabwe
68%79%
* Tous secteurs d’activités confondus Source : https://donnees.banquemondiale.org/indicateur/SL.TLF.CACT.FE.ZS
femmes assurance

En Afrique subsaharienne, le taux de participation des femmes (âgées de plus de 15 ans) au sein de la population active est, selon la Banque Mondiale, parmi les plus élevés au monde.

Au Cameroun, Ghana, Mozambique, Rwanda et Zimbabwe, la contribution de la des femmes au marché du travail dépasse les 70%, un niveau largement supérieur à celui des pays scandinaves où en Norvège et en Suède, les femmes représentent 61% de la population active en 2017.

En Afrique subsaharienne, l’agriculture, activité économique principale, absorbe la quasi-totalité de la main d’œuvre féminine. Les traditions culturelles de ces pays encouragent les femmes à être autonomes sur le plan économique. Elles travaillent généralement dans des exploitations familiales, dans le cadre d’une agriculture de subsistance. On les trouve également en grand nombre dans les petites exploitations commerciales. Cependant, leur participation dans les secteurs industriel et tertiaire reste faible.

En Afrique du Sud où le secteur agricole est moderne avec une forte mécanisation, les femmes sont moins présentes. Elles ne constituent que 48% de la population active. Un taux bien inférieur aux 83% enregistrés au Mozambique, pays limitrophe.

La place de la femme dans le monde du travail : cas du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord

Au Moyen-Orient et en Afrique du Nord (zone MENA), une région où les facteurs socioculturels sont plus prégnants, les femmes éprouvent encore beaucoup de difficultés à accéder au marché du travail. Des améliorations concrètes ont été néanmoins constatées ces dernières décennies.

Taux de participation des femmes à la population active dans la zone MENA

Pays19902017
Algérie11%15%
Tunisie23%24%
Maroc24%25%
Egypte21%22%
Liban19%23%
Jordanie11%14%
Oman20%30%
Turquie34%32%
Iran10%17%

* Tous secteurs d’activités confondus Source : https://donnees.banquemondiale.org/indicateur/SL.TLF.CACT.FE.ZS

A l’exception de la Turquie, le pourcentage de participation des femmes, âgées de plus de 15 ans, dans la population active ne dépasse pas les 30%. On est bien loin de la situation des femmes en Afrique subsaharienne.

Ces constatations ne doivent pas faire oublier les progrès réalisés au cours de ces dernières années. La contribution de la femme au monde du travail dans la zone MENA s’est nettement améliorée. Le dernier exemple en date est celui de l’Arabie Saoudite, où depuis quelques années, les femmes ont plus de liberté pour exercer une activité professionnelle.

La place de la femme dans le monde du travail par région

C’est dans la région MENA que les femmes sont les moins présentes dans le monde du travail (21% en 2017). Toutefois, hors Amérique Latine, l’indice MENA enregistre la plus forte progression (+23,5%) par rapport aux autres régions du globe.

Les progrès dans la zone MENA, sont principalement dus à l’amélioration du taux de scolarisation des femmes. De nos jours, le nombre de ces dernières dans l'enseignement primaire et secondaire est égal à celui des hommes. Autre constatation, les étudiantes sont parfois plus présentes que les étudiants dans les universités.

Taux de participation des femmes dans la population active par région

Région19902017Taux de progression
Moyen Orient et Afrique du Nord17%21%23,5%
Afrique sub-saharienne60%63%5%
Amérique du Nord56%56%0%
Amérique Latine et Caraïbes40%52%30%
Asie de l’Est et Pacifique66%59%-10,6%
Asie du Sud33%28%-15%
Europe46%51%10,9%

* Tous secteurs d’activités confondus Source : https://donnees.banquemondiale.org/indicateur/SL.TLF.CACT.FE.ZS

Le recul des femmes en Asie Pacifique et Asie du Sud s’explique par le rétrécissement du secteur agricole qui occupe traditionnellement un nombre élevé de main d’œuvre féminine. Ces deux régions sont en pleine mutation.
La sous-traitance, le tourisme et le secteur manufacturier se développent à un rythme élevé au détriment de l’agriculture d’où perte d’emploi pour les femmes.

La place des femmes dans le monde du travail : l’accès aux postes de direction

Selon une étude(1) effectuée par le cabinet de conseil Oliver Wyman auprès de 381 organisations et services financiers (sociétés d’assurance, banques, gestionnaires d’actifs…) de 32 pays, la part des femmes dans les conseils d’administration des institutions financières s’élève à 20% en 2016. Leur présence dans les comités exécutifs n’est que de 16% durant l’année précitée.

Evolution de la participation des femmes dans les conseils d’administration et les comités exécutifs des organisations financières (période : 2003-2016)

femmes conseils administration

Les taux de participation des femmes ont nettement progressé en 13 ans aussi bien dans les conseils d’administration (+8 %) que dans les comités exécutifs (+5%). Le graphe ci-dessus montre que la présence féminine dans les comités exécutifs se développe beaucoup plus lentement que dans les conseils d'administration.

La place des femmes dans le monde du travail : l’accès aux postes de responsabilité

Loin de se réjouir de la croissance de leur participation dans les postes décisionnels, les femmes ne représentent en fait que 8% du total des CEO des 381 organisations financières scrutées par l’étude en 2016. Ce taux était de 7% en 2013.

Même modérée, l’arrivée des femmes dans les différents postes de responsabilité témoigne des changements de mentalité. Les nominations aux principaux postes de direction se basent désormais sur les qualités humaines et professionnelles et non plus uniquement sur le genre.

Présence des femmes dans les postes de responsabilité des organisations financières par pays (2016)

femmes postes responsabilité

Source: “Women in financial services 2016” Oliver Wyman- Marsh & Mc Lennan Companies

La présence des femmes aux postes de responsabilité des organisations financières, estimée en moyenne à 16% en 2016, cache des écarts importants entre les pays étudiés. Ce taux passe de 2% au Japon et de 4% en Corée du Sud à plus de 32% en Norvège et en Suède.

La prise de risque et la place de la femme dans le monde du travail

Selon une étude intitulée « Les femmes et la prise de risques »(1) réalisée par Generali, les femmes montrent plus de frilosité face aux risques par rapport aux hommes. Seules 33% des personnes interrogées déclarent aimer prendre des risques contre 40% des hommes. La prise de risque est synonyme d’angoisse pour 80% d’entre elles, contre 71% pour les hommes.

L’étude explique cette frilosité par une vision féminine plus pessimiste du contexte socio-économique ; seules 28% des femmes considèrent que l’environnement économique et social est avantageux, contre 34% des hommes.

Cependant, les femmes interrogées ont le sentiment d’être plus prudentes et plus réfléchies dans leurs choix par rapport aux hommes. Lors de la prise de décision, 70% d’entre elles déclarent vouloir consulter leur entourage contre 62% des hommes.

Si les femmes se montrent plus réticentes à prendre des risques dans le monde du travail, elles semblent être néanmoins plus résolues dans la sphère privée. Plus de 24% des femmes interrogées déclarent être prêtes à prendre des risques dans le domaine familial contre 14% des hommes.

Cette réticence face au risque peut constituer un frein à l’ascension des femmes aux postes de responsabilité. D’autres obstacles comme les responsabilités familiales, la culture masculine de l’entreprise, l’inadaptation des lois anti-discrimination, le manque de programmes de parité entre les sexes,… peuvent également créer des barrières à leur ascension aux postes de décision.

(1) http://institutionnel.generali.fr/OFA_Femmes_et_prise_de_risques_Generali_CSA_Terrafemina
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