Métier d’actuaire : qualités requises, missions et opportunités de travail

Le regain d’intérêt pour les actuaires au cours des deux dernières décades, place ces derniers sur le devant de la scène et leur confèrent une position stratégique.

Leurs compétences se révèlent indispensables, notamment dans le traitement des statistiques et des mathématiques. Ils développent des analyses précises sur lesquelles repose le cœur du métier d'assurance.

Les qualités requises chez l’actuaire

metier actuaireL’actuaire doit être rigoureux, synthétique et méthodique. Certes, ce métier nécessite de profondes compétences en mathématiques et statistiques, mais, ce n’est pas tout. Il doit:

  • maîtriser parfaitement les outils informatiques sur lesquels se font l’ensemble des calculs et simulations.
  • avoir des connaissances dans des domaines comme l’économie, la gestion, la comptabilité, la finance, le droit et la fiscalité.

Il travaille de concert avec ses collègues des différents départements qui font converger vers lui des informations qu’il doit exploiter pour établir des tendances et prévisions. La qualité de son travail et de ses recherches dépend en grande partie de sa maîtrise de l’ensemble des fonctions de l’entreprise.

Son aptitude à l’analyse et à la transformation des données est essentielle. Il doit pouvoir imposer ses études et résultats en toute indépendance. Cette indépendance vis-à-vis des autres fonctions de la société est indispensable au bon exercice de son travail.

L’étendue de ses qualifications et compétences lui permet un accès aisé aux fonctions de management. Près de 15% des actuaires accèdent rapidement à des postes de direction dans les sociétés d’assurance.

Les missions de l’actuaire

L’une des missions de l’actuaire est de collaborer à l’élaboration des contrats d’assurance offerts à la clientèle. Sur le plan technique, c’est lui qui :

  1. détermine les bases de tarification des risques vie et non vie : probabilité de survenance des sinistres, calcul des chargements de primes, taux de prime, rentabilité technique du produit,…
  2. veille à la rentabilité des contrats à partir de modèles mathématiques, de concepts statistiques et de logiciels spécialisés,
  3. analyse les données statistiques pour dégager des tendances et développer de nouveaux produits,
  4. conseille les souscripteurs dans leur relation client aussi bien au niveau des tarifs que des clauses techniques,
  5. calcule les cumuls d’engagement catastrophes naturelles et d’origine humaine. Ces calculs de cumul concernent également des produits spécifiques, notamment en branche vie,
  6. détermine les capacités qui peuvent être engagées par les souscripteurs,
  7. apporte son expertise dans le suivi des réserves techniques, le calcul des marges de solvabilité et la conformité.

En France, 2,5% des salariés du secteur sont actuaires, soit près de 3 800 personnes. Près de 73% d’entre eux sont employés à la conception, à la tarification des produits, au contrôle, au conseil et à l’aide à la décision. Près de 20% sont chargés des études et évaluations financières, tandis que 7% sont affectés à d’autres tâches.

Aux Etats-Unis, 1,1% des employés du secteur des assurances sont actuaires, soit 25 000 personnes sur un total de 2 194 100 salariés (1).

(1) Source: données 2018, Bureau of Labor Statistics (BLA).

L’indépendance de la fonction d’actuaire

actuaireLes actuaires doivent travailler en toute indépendance. Leurs analyses et résultats ne doivent pas faire l’objet de pression d’un autre corps de l’entreprise. Leur fonction n’est pas de défendre un objectif fixé à l’avance. Au contraire, c’est à partir de leurs travaux que sont menées les études de faisabilité des objectifs et non l’inverse. Leurs analyses servent ainsi de base à la prise de décision.

Il est donc vital qu’ils ne dépendent pas des souscripteurs, comptables, financiers et autres corps de métiers. La direction se doit également de défendre cette indépendance afin de ne pas biaiser les résultats des recherches et analyses effectuées par ces experts.

Les nouvelles opportunités pour les actuaires

Sur le marché, les actuaires s’activent traditionnellement auprès des sociétés d’assurance, de réassurance et de courtage. On les retrouve également dans les sociétés de notation, de contrôle et d’audit.

Autre débouché, les organismes de tutelle font de plus en plus appel à ces surdoués en mathématiques et en calculs de probabilités. De nos jours, les nouvelles technologies constituent un marché de l’emploi.

Si l’émergence des assurtech et autres startups impliquées dans des challenges technologiques met particulièrement en avant les nouveaux postes de data scientist, le métier d'actuaire évolue si bien que la frontière entre ces deux professions s'estompe partiellement.

L’évolution du métier d’actuaire

actuaire metierDans la seconde moitié du 20ème siècle, le travail de l’actuaire se limitait à l’assurance vie et à l’analyse des tables de mortalité.

Fin des années 1900 et début des années 2000, la branche dommages s’est progressivement ouverte à la profession. Les actuaires se sont alors attaqués à la modélisation des risques, à la probabilité de ruine avant de prendre progressivement part aux fonctions de risk management.

Aujourd’hui, leur champ d’action est très large. Il englobe non seulement le risk management, la souscription, la gestion des finances et réserves, mais s’étend également à l’ensemble des analyses de données et à la bonne gouvernance de l’entreprise. Plus, aucun domaine d’activité n’est en dehors de leurs compétences.

Parallèlement à cette évolution de la profession, la formation à ce métier a également évolué. Elle embrasse des connaissances plurielles, allant des calculs mathématiques ou techniques au fonctionnement des contrats, au droit et à la déontologie.

L’actuaire face à la réglementation

L’entrée en vigueur par vagues successives des nouvelles normes européennes dans le domaine de la comptabilité et de la gestion des risques a eu des répercussions importantes sur les assureurs. Avec l’arrivée de Solvabilité II en 2016, le nombre de rapports à produire s’est accéléré et la quantité d’informations à publier a fortement augmenté. Le reporting est passé d’une périodicité annuelle à trimestrielle.

Ces changements réglementaires ont entraîné une forte demande d’actuaires au sein des sociétés d’assurance, de conseil et d’audit. Les recrutements d’actuaires ne vont pas ralentir avec le prochain passage au modèle comptable IRFS 17.De plus, les questions de solvabilité requièrent l’établissement de projections sur plusieurs décennies, alors que l’environnement économique et politique est changeant.

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