Réchauffement climatique : les causes et les conséquences

Sujet d'une actualité brûlante, le débat sur le réchauffement climatique soulève davantage d'interrogations qu'il n'en résout.

Alors que les études scientifiques sur la question se multiplient, de grandes incertitudes subsistent sur l'appréciation quantitative de l'évolution du climat et la part de l'homme dans le réchauffement de la planète, mais l'hypothèse d'un tel lien commence de plus en plus à faire son chemin dans l'opinion. Les assureurs s'y montrent particulièrement attentifs.

Les causes du réchauffement climatique

Le gaz à effet de serre

rechauffement climatique

Pour la majorité des climatologues, il est désormais incontestable que l'homme joue un rôle essentiel dans le réchauffement climatique. L'augmentation des niveaux de CO2 rejeté par les activités humaines dans l'atmosphère menace directement la calotte polaire, la survie des récifs coralliens et l'existence même de pays situés à basse altitude. Le taux de gaz à effet de serre s'est élevé d'environ 30% depuis 1750, début de l'ère préindustrielle.

Le dioxyde de carbone par les chiffres

Résultant de la combustion des énergies fossiles, le dioxyde de carbone (CO2) est un gaz persistant qui a une durée de vie dans l'atmosphère de près d'un siècle.

Les émissions mondiales qui se chiffraient à 5,8 milliards de tonnes en 1999 ont atteint, en 2004, 7 milliards de tonnes dont 1,6 milliards de tonnes, soit 20%, pour les seuls USA. Un nord-américain produit quatre fois plus de CO2 que la moyenne mondiale, un Européen de l'ouest deux fois plus.

Les projections pour l’année 2018 montrent que les émissions de CO2 ne cessent d’augmenter. Le rapport annuel de « Global Carbon Budget » parle de 37,1 milliards de tonnes. La chine est le premier producteur de dioxyde de carbone. Elle est suivie par les Etats-Unis, l’Europe et l’Inde. Ces pays et régions produisent à eux seuls plus de la moitié du CO2 mondial.

Le recours au pétrole et aux énergies fossiles produit 80% du gaz carbonique, principal responsable de l'augmentation de l'effet de serre et par conséquent du réchauffement planétaire. La demande mondiale d'énergie devrait croître de 11% de 2018 à 2030.

Les conséquences du réchauffement climatique

Une élévation du niveau de la mer

Selon les études du Groupe Intergouvernemental d'Experts sur l'Evolution du Climat (GIEC), un organisme qui réunit près de 4 000 scientifiques à travers le monde, la température moyenne à la surface de la terre a augmenté de 0,6° au cours des 100 dernières années.

Une simulation du Max Planck Institute for Meteorology de Hambourg prévoit que cette hausse de la température du globe sera comprise entre 4,1° et 5,8° et aura pour conséquence une élévation du niveau de la mer de 30 cm entre 2005 et 2100.

Une réduction de la production végétale

Une étude du laboratoire français des Sciences du Climat et de l'Environnement (CEA-CNRS), publiée par la revue Nature en septembre 2005, fait apparaître qu'à l'échelle de l'Europe, la production végétale a baissé de 30% en 2003 par rapport à 2002, ce qui a eu pour conséquence imprévue, une réduction considérable de la quantité de carbone stockée par la biomasse.

A cause de la forte chaleur et du stress hydrique, les plantes adoptent des mécanismes de défense qui ralentissent la photosynthèse et donc les quantités de CO2 absorbées. Ainsi, la végétation sera moins efficace pour limiter l'effet de serre et l'intensité des sécheresses.

A l'échelle de la planète, le couvert végétal permet de capturer entre 10 et 20% des émissions humaines de CO2. Mais ce bouclier vert risque de se transformer en menace, les écosystèmes pouvant se muer en source de carbone.

Des ouragans plus violents

cyclone GonuCyclone Gonu 2007 dans la péninsule Arabique

Dans des articles datant des mois d'août et septembre 2005, d'éminents climatologues ont établi un «smoking gun», c'est à dire une preuve évidente entre le dérèglement climatique et la recrudescence des ouragans. Selon eux, même si leur nombre n'augmente pas, les évènements extrêmes ont tendance à devenir de plus en plus violents.

Cette conclusion relance, de manière plus aigüe, le débat à propos de l'impact du réchauffement climatique sur l'émergence et l'intensité des cyclones tropicaux. Car, à ce jour, la communauté scientifique internationale n'est pas parvenue à un véritable consensus sur la question. Certains attribuent à ce phénomène l'activité cyclonique qui est particulièrement forte depuis 1995. D'autres évoquent des mécanismes atmosphériques plus complexes et encore mal connus.

Les études prennent également en compte des causes liées aux zones à risques, de plus en plus peuplées avec des dégâts matériels accentués ainsi que la surmédiatisation qui en amplifie l'impact.

Réchauffement climatique : les assureurs, partie prenante du débat

Parce qu'ils supportent une part de plus en plus lourde des coûts de sinistres, les assureurs sont un acteur majeur dans la problématique des catastrophes naturelles induites par les perturbations climatiques. Le sujet a figuré en bonne place au menu du sommet du G8 en juillet 2005 à Glenagles, Ecosse, lors d'une conférence internationale organisée par l'association des assureurs britanniques (ABI). Celle-ci a présenté un rapport qui, pour la première fois, quantifie la hausse des coûts liés aux intempéries extrêmes, en cas de réchauffement du climat.

Sur la base d'une étude menée par le Groupe Intergouvernemental sur le Changement climatique (IPCC) qui démontre que des températures plus élevées rendent le climat plus volatile et les catastrophes naturelles plus violentes, les assureurs en concluent qu'il suffit d'une petite hausse des intensités pour faire grimper le coût des dommages. De ce fait, la facture moyenne liée aux intempéries extrêmes passera de 16,5 milliards USD en 2004 à 27 milliards USD en 2080, soit une hausse de 64%.

Pour y faire face, les compagnies d’assurance sont dans la nécessité d'augmenter leurs capacités financières. Les besoins en capitaux subiront une hausse de 90% pour les ouragans, de 80% pour les typhons et de 5 à 10% pour les tempêtes.

Au total, en Amérique, au Japon et en Europe, 78 milliards USD additionnels seront nécessaires pour combler la différence entre les pertes liées aux intempéries extrêmes et celles de moyenne intensité. En conséquence, une hausse de 80% des primes de risques est prévisible à l'horizon 2080.

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