Feux de forêt : une menace pour les assureurs

avril 03, 2025
feux de foret

feux de foretLes feux de forêt représentent l'une des menaces les plus redoutées à l'échelle mondiale. Chaque année, des millions d'hectares de surfaces boisées et de végétation partent en fumée, affectant non seulement les écosystèmes et la biodiversité, mais également les populations, les milieux urbains, les infrastructures et le cadre économique dans son intégralité.

Ces événements catastrophiques, qu’ils soient d’origine humaine ou naturelle, sont de nos jours amplifiés par le réchauffement climatique. Ils sont devenus plus fréquents, plus étendus et plus destructeurs.

Bien que la saison estivale soit le plus souvent propice aux départs de feux, les incendies surviennent aussi bien en hiver, du fait de l’asséchement de la végétation, des canicules tardives et du faible taux de précipitation.

Fréquence et intensité des feux de forêt

Selon l’Organisation Mondiale pour la Protection de l’Environnement, les incendies causent, au niveau mondial, la destruction de près de 350 millions d'hectares de forêt par an, soit plus de 11 hectares par seconde. La forêt amazonienne, vitale pour la planète, est particulièrement touchée. Près de 3% de sa superficie, soit 85 500 km², ont disparu en dix ans pour cause d’incendie.

La situation en Afrique, principalement en Angola et en République démocratique du Congo est encore plus dramatique. Ces deux pays perdent en moyenne 800 000 km² de surfaces boisées par an.

Au cours des deux dernières décennies, c’est-à-dire de 2003 à 2023, les feux de forêt ont plus que doublé au niveau mondial. Le réchauffement climatique dû à l'activité humaine est sans doute la cause principale de l’aggravation de ce phénomène.

Selon l'étude “Increasing frequency and intensity of the most extreme wildfires on Earth”, publiée en juin 2024 dans le journal Nature Ecology & Evolution, la planète fait face chaque année à des incendies de plus en plus intenses et fréquents. Durant la période 2003-2023, l'année 2018 a été la plus sinistrée, même si les années suivantes ont été également marquées par d’intenses feux de forêt.

L’année 2024 signe un nouveau record de feux de forêt particulièrement en Amazonie brésilienne. Alors que l’année 2025 débute malheureusement avec les feux de Californie où du 7 au 31 janvier une série d'incendies dévastateurs a touché la région métropolitaine de Los Angeles, s’attaquant particulièrement aux quartiers huppés de Palisades et Eaton.

Cartographie des zones les plus affectées par les feux de forêt

Bien que l'attention médiatique se concentre très souvent sur les incendies survenus en Amazonie et aux Etats-Unis, l’Afrique est elle aussi sévèrement affectée par les feux de forêt.

On estime que 120 millions d'hectares de forêt tropicale africaine ont été détruits au cours des 30 dernières années, principalement à cause de l'agriculture sur brûlis, une pratique très ancienne.

Sur le pourtour méditerranéen, près de 50 000 incendies annuels dévastent entre 700 000 et 1 million d'hectares de forêt.

L'Europe et le Canada ne sont pas non plus épargnés, avec pour la première région citée 60 000 incendies de forêt par an et environ 8 000 feux chaque année au Canada.

feux de foret superficie brulee

La République Démocratique du Congo

En moyenne annuelle, la RDC est ravagée par 113 000 feux de forêt. La déforestation est principalement imputable à l'agriculture itinérante et à la production de charbon de bois.

Les pertes assurées liées aux incendies se chiffrent à 10,695 millions USD en 2022.

L’Angola

L'Angola fait face à une situation aussi préoccupante que celle de la République Démocratique du Congo. On y dénombre une moyenne annuelle de 78 800 feux qui ont entraîné la perte de vastes superficies de forêt.

La chasse, le défrichage à but agricole et l'élevage sont les principaux facteurs de déclenchement des incendies.

Le bilan des pertes assurées dues aux feux de forêt a atteint 25,431 millions USD en 2022.

La Zambie et la République centrafricaine

Les incendies de forêt en Zambie et en République centrafricaine sont principalement causés par des pratiques humaines, telles que l’agriculture itinérante sur brûlis et l’utilisation du feu pour la chasse au gibier de brousse.

En Zambie, la saison des feux de forêt débute généralement fin juin et dure environ 15 semaines, avec une moyenne annuelle de 52 421 incendies.

En République centrafricaine, la saison des incendies commence à la mi-novembre et s'étend sur environ 14 semaines, atteignant une moyenne annuelle de 36 325 incendies.

La forêt amazonienne

S'étendant sur un vaste territoire de 550 millions d'hectares et partagée entre neuf pays, l’Amazonie est qualifiée de « poumon de la Terre ». L’accentuation des épisodes de forte sécheresse entre juillet et août est à l’origine de nombreux pics d’incendie au cours de cette période.

La Russie

Chaque été, la Russie est confrontée à de vastes incendies de forêt, particulièrement en Sibérie et en Extrême-Orient, où le changement climatique aggrave les canicules précoces et les orages, accélérant le déclenchement des feux.

Avec une moyenne annuelle de 27 567 incendies, la saison des feux, qui s’étend sur environ 18 semaines à partir de fin avril, devient une menace croissante, y compris pour les zones habitées.

La politique russe, privilégiant une intervention limitée pour des raisons de coûts, suscite des critiques de la part des écologistes.

Les Etats-Unis

Avec une moyenne annuelle de 13 941 incendies et une superficie brûlée d'environ 59 062 km², les incendies de forêt aux États-Unis, particulièrement en Californie, dans la région du Nord-Ouest et en Alaska, sont extrêmement coûteux.

La haute saison des feux de forêt débute généralement en mai et dure environ 22 semaines. La destruction de biens immobiliers, les coûts de lutte contre les incendies, les perturbations économiques, et les dommages environnementaux causent des pertes considérables.

Le changement climatique, l'urbanisation des zones à risque et la végétation sèche favorisent la propagation des incendies, amplifiant les coûts pour les collectivités, les assureurs et l'économie en général.

Pour rappel, l’ensemble du pays est fréquemment frappé par des catastrophes naturelles extrêmes (sécheresses, incendies, inondations, tempêtes hivernales, tornades, ouragans). En 2024, ces phénomènes cumulés ont coûté 182,7 milliards USD, soit le double du montant de 2023.

Le Canada

Au Canada, les feux de forêt résultent d'une combinaison de causes naturelles (principalement la foudre) et humaines. Chaque année, le pays fait face, en moyenne, à 5 079 incendies détruisant environ 41 847 km² de forêt.

Le changement climatique joue un rôle primordial dans ces sinistres, en exacerbant les conditions propices aux feux, avec des étés plus chauds et secs.

La haute saison des feux de forêt commence généralement à la mi-mai et dure environ 14 semaines, touchant particulièrement la Colombie-Britannique (province située sur la côte Pacifique), l'Alberta (à l’ouest du pays) et les territoires du Nord-Ouest.

Le Canada a connu en 2023 la pire saison de feux de forêt avec 6 600 incendies et 18 millions d'hectares de forêt calcinés. Les pertes économiques sont estimées à 465 millions USD, alors que la charge des assureurs s’élève à 310 millions USD.

L’Australie

L'Australie figure parmi les pays les plus affectés par les incendies. Les dégâts y sont considérables avec une moyenne annuelle de 36 758 incendies et une perte de superficie également annuelle d'environ 317 948 km².

La haute saison des feux débute généralement fin juillet et dure environ 23 semaines. Les causes des sinistres sont multiples, allant des orages secs (1) déclenchant des feux de brousse aux activités humaines.

Les conséquences sont dévastatrices, tant sur le plan environnemental qu'économique, avec des pertes importantes en biodiversité et des frais élevés liés à la lutte contre les incendies et à la reconstruction.

(1) Un orage sec est un phénomène météorologique dans lequel les éclairs et le tonnerre se produisent, mais avec peu ou pas de précipitations au sol.

Les pays du Maghreb

Les incendies de forêt se multiplient ces dernières années au Maghreb, touchant particulièrement l'Algérie, puis la Tunisie et le Maroc. Sur le plan climatique, la région subit des vagues de chaleur intenses et des sécheresses prolongées, exacerbées par le changement climatique, créant des conditions idéales pour les feux. Les vents chauds et secs, comme le sirocco en Algérie, attisent les flammes et propagent rapidement les incendies.

Durant la dernière décennie, l'Algérie recense en moyenne annuelle 1 443 km² de superficie brûlée et 513 incendies. Ces chiffres alarmants soulignent la nécessité de renforcer les efforts de prévention et de lutte contre les incendies dans la région.

Avec 52 et 39 incendies en moyenne, la Tunisie et le Maroc comptent respectivement 194 km² et 161 km² de forêt perdue par an.

Les pays européens

En 2023, les pays européens du pourtour méditerranéen, France, Espagne, Grèce et Italie, ont été ravagés par des incendies d'une ampleur exceptionnelle. Ces sinistres sont principalement attribués à une combinaison de facteurs tels que des conditions météorologiques extrêmes (vagues de chaleur, vents violents), une aggravation du changement climatique et des conditions locales spécifiques à chaque pays.

Au cours de cette même année, l'Europe a recensé 17 000 hectares partis en fumée, contre 128 000 en moyenne annuelle.

En France, 21 000 hectares ont été détruits, dépassant la moyenne de 13 000 hectares par an.

L'Espagne a enregistré 69 000 hectares brûlés, approchant la moyenne annuelle de 80 000 hectares.

La Grèce a connu une hausse brutale des incendies, passant de 700 hectares brûlés à plus de 37 000 hectares en quelques jours.

L'Italie, en particulier la Sicile, les Pouilles et la Calabre, a également été touchée par d’importants incendies.


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